Poutine-Macron: parler à la Russie, serait-ce utile?

Marina — Dimanche 25 Août 2019

Lundi 19 août, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont retrouvés en France, à Brégançon. Quel est l’intérêt de cette rencontre, à quelques jours du G7, dont la Russie ne fait pas partie ?

De nombreuses questions sont aujourd’hui à l’ordre du jour entre la France et la Russie.

Notamment:

– L’influence des hackers russes dans la campagne électorale en France

– Le rapprochement entre Marine le Pen et le Kremlin

– Guerre des sanctions suite aux événements en Crimée

« Marine le Pen ne cache pas sa sympathie pour la Russie, et c’est pour ça qu’elle s’y rend de plus en plus souvent », a coupé court le président russe. Quant aux hackers, il a expliqué devant les journalistes que l’histoire des hackers n’a pas été discutée.

Or, vue de la presse française, Emmanuel Macron s’est juste servi de Vladimir Poutine pour s’affirmer aux yeux du monde.

« Cette rencontre, c’est l’occasion pour Emmanuel Macron d’affirmer une posture, et à ce titre, quel meilleur protagoniste que Vladimir Poutine ? Lors de leur première rencontre en 2017 à Versailles, un Emmanuel Macron fraîchement élu avait taclé la politique russe, notamment sur la question des homosexuels en Tchétchénie. Cela avait fait passer un message pour tous les autres dirigeants : malgré son jeune âge et une certaine inexpérience politique, il allait se montrer ferme sur ses positions » – 20 minutes.

https://www.20minutes.fr/monde/2585427-20190819-emmanuel-macron-sert-vladimir-poutine-affirmer-yeux-monde

Notamment, pour la Crimée, le président français a réaffirmé que “La France ne reconnaîtra pas l’annexion” en souhaitant que l’OSCE veille sur le processus de paix en Ukrainе.

Gilets jaunes

Pendant la discussion qui a duré trois heures, il a aussi été question des mouvements de contestation qui touchent à la fois la France et la Russie. Vladimir Poutine interrogé sur les violences commises sur les opposants à Moscou a évoqué la situation en France : « Pendant les manifestations des gilets jaunes, il y avait plusieurs dizaines de personnes qui avaient été blessées ». Cette phrase traduite en direct par une interprète du Ministère russe des affaires étrangères a suscité de nombreuses polémiques : en effet, le président russe a été beaucoup plus précis en citant 11 morts et 2500 blessés lors des manifestations en France. La raison semble être banale : la personne qui assurait la traduction en direct aurait dû se tromper ayant pris du retard. L’essentiel, c’est que le président russe est ferme sur ses positions quand il affirme « ne pas vouloir » ce genre d’évènements se reproduire en Russie.

Un post de discorde

« La Russie est un pays profondément européen. Nous croyons en Europe de Lisbonne à Vladivostok », – a écrit Emmanuel Macron sur son compte Facebook en langue russe (!), à l’issue de la rencontre. Cependant, ses lecteurs français ont pu observer un message bien différent :

« J’entends dire qu’il est inutile de parler à la Russie, que ça n’a pas d’impact. Je ne suis pas d’accord : ne pas lui parler serait l’isoler, la pousser vers in dialogue privilégié avec une poignée de puissances comme la Chine. C’est ça qui ne serait pas dans notre intérêt ».

Ainsi soit-il, monsieur le Président.

 

 

Marina Yulis

Poutine-Macron: parler à la Russie, serait-ce utile?


Lundi 19 août, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont retrouvés en France, à Brégançon. Quel est l’intérêt de cette rencontre, à quelques jours du G7, dont la Russie ne fait pas partie ?

De nombreuses questions sont aujourd’hui à l’ordre du jour entre la France et la Russie.

Notamment:

- L’influence des hackers russes dans la campagne électorale en France

- Le rapprochement entre Marine le Pen et le Kremlin

- Guerre des sanctions suite aux événements en Crimée

« Marine le Pen ne cache pas sa sympathie pour la Russie, et c’est pour ça qu’elle s'y rend de plus en plus souvent », a coupé court le président russe. Quant aux hackers, il a expliqué devant les journalistes que l’histoire des hackers n’a pas été discutée.

Or, vue de la presse française, Emmanuel Macron s’est juste servi de Vladimir Poutine pour s'affirmer aux yeux du monde.

« Cette rencontre, c’est l’occasion pour Emmanuel Macron d’affirmer une posture, et à ce titre, quel meilleur protagoniste que Vladimir Poutine ? Lors de leur première rencontre en 2017 à Versailles, un Emmanuel Macron fraîchement élu avait taclé la politique russe, notamment sur la question des homosexuels en Tchétchénie. Cela avait fait passer un message pour tous les autres dirigeants : malgré son jeune âge et une certaine inexpérience politique, il allait se montrer ferme sur ses positions » - 20 minutes.

https://www.20minutes.fr/monde/2585427-20190819-emmanuel-macron-sert-vladimir-poutine-affirmer-yeux-monde

Notamment, pour la Crimée, le président français a réaffirmé que "La France ne reconnaîtra pas l'annexion" en souhaitant que l'OSCE veille sur le processus de paix en Ukrainе.

Gilets jaunes

Pendant la discussion qui a duré trois heures, il a aussi été question des mouvements de contestation qui touchent à la fois la France et la Russie. Vladimir Poutine interrogé sur les violences commises sur les opposants à Moscou a évoqué la situation en France : « Pendant les manifestations des gilets jaunes, il y avait plusieurs dizaines de personnes qui avaient été blessées ». Cette phrase traduite en direct par une interprète du Ministère russe des affaires étrangères a suscité de nombreuses polémiques : en effet, le président russe a été beaucoup plus précis en citant 11 morts et 2500 blessés lors des manifestations en France. La raison semble être banale : la personne qui assurait la traduction en direct aurait dû se tromper ayant pris du retard. L’essentiel, c’est que le président russe est ferme sur ses positions quand il affirme « ne pas vouloir » ce genre d’évènements se reproduire en Russie.

Un post de discorde

« La Russie est un pays profondément européen. Nous croyons en Europe de Lisbonne à Vladivostok », - a écrit Emmanuel Macron sur son compte Facebook en langue russe (!), à l’issue de la rencontre. Cependant, ses lecteurs français ont pu observer un message bien différent :

« J’entends dire qu’il est inutile de parler à la Russie, que ça n’a pas d’impact. Je ne suis pas d’accord : ne pas lui parler serait l’isoler, la pousser vers in dialogue privilégié avec une poignée de puissances comme la Chine. C’est ça qui ne serait pas dans notre intérêt ».

Ainsi soit-il, monsieur le Président.