Nouvel An en Russie: traditions et coutumes

Nouvel an russe

Votre traductrice russe à Paris, continue à vous faire découvrir les traditions russes insolites. Aujourd’hui nous allons fêter un Nouvel An à la russe:) A la différence de la France, les sapins dans les maisons russes apparaissent assez tôt – généralement début décembre (après les fêtes nous avons aussi un peu du mal à les jeter, ils peuvent rester même jusqu’à la fin février). Les russes travaillent le 31 décembre, mais généralement c’est une courte journée car de nombreuses préparations nous attendent à la maison. Alors, quel est le repas typique de la fête du Nouvel An en Russie ? Tout d’abord, c’est l’obligatoire et irrévocable salade Olivier. Nous croyons que c’est une salade française, mais en réalité en France personne ne se risquerai à manger ça : « Olivier » – c’est le mélange de légumes bouillis avec de la viande bouillie ou du saucisson, le tout coupé en petits morceaux; on ajoute en plus des petits pois bouillis avec des cornichons salés, le tout assaisonné de mayonnaise industrielle (en Russie on ne fait pas de mayonnaise maison). Gouterez-vous ce  genre de macédoine bizarre ? L’autre élément indispensable de la table du nouvel an sont les tartines aux œufs de saumon (à l’époque soviétique c’était souvent du caviar d’esturgeon qui n’était pas si cher que ça), les mandarines, le champagne « Soviet », la vodka et du hareng mariné. De nos jours il n’y plus de plat chaud particulier qui est associé au Nouvel an. Le plat traditionnel du Nouvel an du XIX-e siècle fut inventé par le chef français de l’impératrice Catherine la Grande : une perdrix farci farcie aux alouette et aux olives, celle-ci allait dans un faisan, et le tout allait dans un porcelet ! Mais fini le luxe impérial ! Aujourd’hui on se contente d’un porc farci au sarrasin, d’un hareng sous le « manteau de fourrure » de betterave, de pommes de terre et de mayonnaise et d’autres plats plus modestes. Savez-vous comment s’appelle le Père Noël Russe? Avec qui et comment on fête le Nouvel an – c’est très important. Un adage russe dit : « Comme on rencontre le Nouvel an – de même façon il va passer ». Donc on essaie de le fêter au mieux et bien accompagné. Le 31 décembre il ne faut ni emprunter, ni rendre de l’argent, sinon, selon la sagesse populaire, on risque d’avoir des dettes et les rendre toute l’année.  On doit être habillé de vêtements neufs, gage d’avoir des vêtements neufs toute l’année ! Les enfants se couchent un peu plus tard que d’habitude le 31, et ils essaient de ne pas s’endormir, parce que la nuit le Père Noël  passera et leur laissera des cadeaux sous le sapin. En russe on l’appelle plutôt Père Gel ! Mais pour que tout se passe bien (le Père Noël est un peu débordé de boulot quand même!), il faut dire auparavant à maman ce qu’on souhaite que le Père Noël nous offre. Et « maman » va lui passera le message ! Il existe aussi pour les parents une option de « commander » un Père Noël à la maison (il y a plusieurs agences qui offrent ce « service à domicile »), il passera le premier janvier. Le Père Noël russe n’agit pas tout seul. Il est assisté pas sa petite fille. En Russie le Père Noël et traditionnellement accompagné par sa petite fille, Snegurojka, qui est habillée en manteau de fourrure bleu. Elle aide le Père Noël à distribuer les cadeaux aux enfants qui ont été sages ! Très souvent le Père Noël est incarné par le papa ou le grand père déguisé. Mais il ne donne pas les cadeaux parce qu’on a de beaux yeux, il faut les mériter : raconter un vers, danser ou chanter ! Le premier janvier en Russie est férié, traditionnellement ce jour-là on part à la campagne, on fait des bonhommes de neige, on fait de la luge, on fait une bataille de boules de neige… C’est parti pour des vacances de 9 jours. Depuis 2013 Poutine a prolongé les vacances de Nouvel an jusqu’au… 8 janvier, donc si vous allez en Russie pour les affaires, surtout éviter cette période, tout est fermé !

Traditions russes : les baignades glacées de Noël

paysage hivernal russe

Pourquoi nous les russes nous aimons nous  baigner dans les trous de glace? Je commence par ce billet de blog une série des articles sur les anciennes traditions, les us et coutumes russes. Si un jour vous êtes amené à voyager en Russie – pour les affaires ou pour le tourisme – ces informations vous aideront à mieux vous repérer dans les codes culturels russes et même… faire un peu couleur locale au besoin ? En France on pense que c’est plutôt les norvégiens qui aiment se baigner dans les trous de glace. Mais en fait, c’est une très vieille tradition russe ! Ancienne tradition russe de se baigner à « banya »… Quésaco? Traditionnellement nous nous baignons dans l’eau glacée après la « banya » – sorte de sauna très humide avec de la vapeur. Le rituel « banya russe » est le suivant : le local du banya est chauffé jusqu’à une température pouvant atteindre  120 degrés. Le baigneur se met sur un banc en bois et un de ses amis (ou un employé de la banya) le fouette très fort dans le dos à l’aide d’un balai en bouleau sec. A l’époque on considérait que ces balais aidaient à chasser les mauvais esprits.  Après le fouettement le baigneur sort du local du sauna et court dans la neige, tout nu, jusqu’au trou dans la glace, découpé dans le lac ou le fleuve gelé (il peut tout aussi plonger sur un tas de neige, comme solution alternative). On considère qu’une telle baignade a un effet rajeunissant, que c’est bon pour le cœur, pour la circulation sanguine, et que cela renforce la résistance au froid ! Cette tradition remonte à l’époque du paganisme. C’était encore le peuple scythe qui plongeait les nouveau-nés dans l’eau glacée pour renforcer leurs défenses immunitaires ! Le saviez-vous? En Russie ancienne, selon la tradition, avant le mariage la future mariée devait aller à la banya avec la mère du futur époux. Comme ça, la future belle-mère regardait la morphologie de sa future belle fille pour estimer ses chances de donner une descendance saine ! Et vous, les filles, iriez-vous au spa avec la future belle mère? Le tsar russe Ivan le Terrible aimait éprouver la valeur de ses courtisans aux ambassadeurs étrangers : le tsar obligeait ses valets à enlever  leur manteau de fourrure et  plonger dans un trou de glace. Il les obligeait à le faire, tout en élégance, en souriant, comme si ça leur donnait un plaisir épicurien ! Le bois de bouleau qui est utilisé pour chauffer la banya traditionnelle, contient le brai qui a une propriété désinfectante puissante et qui rend le local de banya presque stérile. Pour cette raison, en ancienne Russie,  les femmes accouchaient dans la banya ! Reste à ajouter que les personnages des contes russes, pour se rajeunir – quelle méthode anti-âge originale  – se baignaient dans du lait bouillant ! Et vous, une petite baignade dans l’eau glacée – ça vous tenterai ?

Mieux comprendre les russes pour réussir en Russie

Les russes qui parlent

Comment ne pas être un mouton à cinq pattes en Russie? Comment établir un bon contact avec des russes? Votre interprète russe vous donne les tips:) Quand on demande aux touristes européens, qu’est-ce qui vous étonne le plus dans les rues de Moscou, la réponse est : l’absence de sourire. Le moscovite ne sourit pas dans la rue. Le moscovite ne sourit pas chez le médecin, ni dans une banque, ni dans une boulangerie, boucherie, etc. ! Personne ne dit « bonjour » au chauffeur de bus, le sourire non plus n’est pas habituel. Personne ne sourit à personne dans la rue, pire encore dans le métro. L’inconnu se sentira pour le moins embarrassé. Il va certainement penser qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ne souriez surtout pas à quelqu’un dans l’ascenseur, ça ne se fait pas du tout! Ne saluez pas les gens dans l’ascenseur. Exceptions de cette règle anti-sourire – les boutiques et restaurants de luxe. Ici les vendeurs sont formés à sourire, comme si vous étiez aux Galeries Lafayette ou chez Maxim’s. Idem à la réception des hôtels – d’un certain niveau, et, évidemment dans les plus luxueux, vous y retrouverez des réceptionnistes polies. Surtout ne vous excusez pas! Si vous bousculer quelqu’un dans la rue ou dans le métro. Cela va de soi, celui qui est bousculé ne s’excuse pas non plus (ce qui est souvent le cas en Europe). Le plus intéressant c’est qu’un étranger, qui passe quelques semaines à Moscou, arrête de sourire aussi et commence aussi à faire la tronche. Par contre, les russes sont très cordiaux, souriants et gais avec les proches. C’est inscrit dans les codes culturels – un sourire, en Russie il faut le mériter !